Le 27 juin dernier, l’employeur annonçait aux représentant(e)s du SECHUM qu’il s’apprêtait à faire un point de presse pour annoncer un évènement important. Il diffusait au même moment une note interne, destinée aux gestionnaires, dans laquelle il fait mention, sans entrer dans les détails, de la survenance d’évènements majeurs dans « deux unités de psychiatrie de l’Hôpital Notre-Dame, entre le 16 et le 23 juin derniers », ce qui l’avait amené « à communiquer avec le Service de police de la Ville de Montréal ». Il y est dit qu’une enquête était en cours. La note spécifie aussi que l’employeur offrait « un soutien psychologique aux patients hospitalisés sur ces unités et à leurs proches ainsi qu’aux membres de notre personnel y travaillant » qui, possiblement, pourraient donc avoir subi des conséquences sur leur santé.
Le lendemain, les représentant(e)s du SECHUM étaient informés comme tout le monde par les médias d’une tentative de meurtre et de la possibilité d’un double meurtre survenues en psychiatrie. Malgré tout, l’employeur a rejeté catégoriquement la demande du SECHUM de pouvoir enquêter sur les questions relatives à la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs, et ce, tant sur les lieux des évènements qu’auprès des salariés qui y travaillent, sous prétexte qu’une enquête criminelle était en cours. L’employeur a maintenu cette position malgré l’insistance du syndicat. Les échanges n’ayant été que téléphoniques, l’employeur a proposé que les représentant(e)s syndicaux pourraient, dans le meilleur des cas, avoir une rencontre en personne avec le chef du département et une personne de la direction des ressources humaines.
Beaucoup d’observateurs ont été surpris du délai entre la survenance des évènements et le moment où le CHUM les a rendus publics (5 jours). Plusieurs se sont questionnés sur la transparence du CHUM dans cette affaire. Plusieurs soupçonnent une volonté du CHUM de contrôler l’information et même de cacher quelque chose. Le président du Conseil de protection des malades, Paul Brunet, va jusqu’à réclamer une enquête indépendante pour faire la lumière sur les circonstances entourant le dossier.
Ce n’est pas la première fois que le SECHUM est confronté au manque de transparence du CHUM. Il existe au CHUM une culture du secret. Le refus de l’employeur de permettre au syndicat d’enquêter, en contravention des règles pourtant convenues, ne peut que renforcer les soupçons et la méfiance. Le SECHUM a donc officiellement porté plainte à la CSST et a demandé son intervention.
La direction de la CSST a assuré le syndicat qu’elle interviendra et qu’il y aura enquête dans les prochains jours. Le SECHUM en a dument averti l’employeur. Nous vous tiendrons au courant de la suite des choses.